Da’Vinattieri, Florence

Da’Vinattieri, le roi de la tripe

La tripe est une affaire sérieuse en Toscane, et en particulier à Florence, où les kiosques à lampredotto  sont nombreux, géolocalisés et leurs mérites respectifs âprement discutés. On pourra s’initier à cette science en commençant par une introduction formelle mais il faudra bien sûr pratiquer sur le terrain, par exemple chez Da’Vinattieri, où il sera possible de suivre l’expérimentation in vivo, depuis la découpe en fines tranches de la caillette, son assaisonnement avec sauce verte et/ou piment, jusqu’à l’assemblage final du sandwich, dont la partie supérieure est trempée dans le bouillon de cuisson.

Ce chaud en-cas sera alors rapidement englouti afin de profiter de son onctueuse humidité. Attention, le risque de se saloper intégralement la vêture n’est pas négligeable.

♥♥ / €

Via Santa Margherita 4R
50122 Firenze
www.davinattieri.it/

La Soufrière, Guadeloupe

Rendre visite à la Grande dame

Marcher : 4 h / moyen / + 630 m
Manger : pique-nique au sommet


Toutes les informations pratiques ici, avec la description de la randonnée .

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Le Pas-du-Roy

Le parcours commence aux Bains jaunes, et suit la trace du Pas-du-Roy, agréable chemin pavé traversant la forêt tropicale. Ne pas partir en tongs, cependant.

La forêt cesse ensuite pour laisser place à une « savanne à mulets », au pied du volcan, qui peut être ventée et embrouillardée (mais vide de tout quadrupède). Ne pas désespérer, la brume se lève vite.

Beau panorama sur la Guadeloupe (Saint-Claude, Basse-Terre) et les îles proches (Îles des Saintes, Marie-Galante).

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S’engager sur le Chemin des dames, qui lui n’est pas pavé. L’éboulement Faujas et la Grande faille mettent en scène des végétations (fougères, sphaignes, ananas montagne, philodendron) et des micro-climats singuliers.

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Encore des ananas montagne (Pitcairnia bifrons). L’ambiance méphitique a été obtenue sans filtre photo : avec un peu de chance, votre ballade aura lieu un jour de météo maussade (pas trop non plus, sinon le parc serait fermé).

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L’arrivée au sommet est signalée par deux phénomènes physiques : le vent et l’odeur de soufre, les deux pouvant varier en intensité. À ce point, on s’accordera à dire que la Soufrière, ce n’est pas le Puy de Dôme (sans être le Vésuve pour autant).

Compter 1 h 45 pour atteindre le plateau sommital depuis les Bains jaunes.

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soufriere8Le plateau est balisé afin d’éviter aux maladroits de se placer dans une situation incongrue.

Plusieurs curiosités géologiques (gouffre de Tarissant,  cratère Dupuy, gouffre Napoléon) plus ou moins mortelles. Saisissants paysages d’avant (d’après) le règne humain.

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Il est temps de se dégoter un rocher pas trop humide et de sortir le panier pique-nique.

Bibliographie :
Recension de la même randonnée en 1889. Les hommes passent, les volcans demeurent.

 
◊ « La Soufrière de la Guadeloupe : nature, paysage et territoire dans la littérature antillaise (XV-XXe siècles) »

Venise, de Dorsoduro à Cannaregio

Le multimodal c’est facile

Marcher : 1 h 30
Manger : Anice Stellato ou Bea Vita


Après l’aperitivo au fondamenta Zattere Ai Gesuati (spritz Aperol ou Campari), prendre la ligne 5.1 en direction de la gare.

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Se placer côté droit du vaporetto.

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La ligne oblique dans un canal discret, où l’on peut constater les traces d’une activité non liée au tourisme.

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Descendre à un des arrêts Plazza Roma. Traverser, longer la gare, remonter la rio Lista di Spagna et ses commerces et restaurants hauts en couleur. Forte présence anglo-saxonne et germanique.

Campo San Geremia et ses souvenirs.

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Longer le fondamenta Cannaregio. S’engouffrer dans une ruelle en direction du ghetto, et c’est changer de ville. Adieu pizzas, pintes et porte-clés !

Entrer dans le ghetto par le ponte de Ghetto novo.

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En sortir en franchissant le rio della Misericordia. Sur votre gauche, l’osteria Bea Vita fait envie. Petites tables au bord du canal, gentil service, cuisine simple mais bien tournée, ambiance de quartier. Poursuivre avec un spritz par exemple, en dégustant la science du créneau des motoscafi venant garer leur engin en fin de journée.

cannaregio

A l’heure de la réservation chez  Anice Stellato, abandonner Bea Vita en se promettant d’y revenir.

Revenir par le même chemin ou improviser !

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Bibliographie lacunaire :
Fable de Venise, Hugo Pratt,
◊ Le commissaire Brunetti

D’El Golfo à Playa del Paso, Lanzarote

Marcher sur un chemin de lave

Marcher : 3 h / facile / +110 m
Manger : ♥ / €


La randonnée longe le littoral du parc de Timanfaya (brochure). Il est possible de réserver auprès de l’administration du parc une randonnée avec guide (notice, laquelle précise : un « mercredi par mois ». Les autres jours, on se permettra d’y aller sans guide).

Se garer à El Golfo, sur le parking à l’entrée du village. Eventuellement tenter un restaurant de poissons dans la rue des restaurants de poissons. Rien de notable…

Le meilleur restaurant de l’île est à Famara ; il n’est donc pas à El Golfo.

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Après la ronde des poissons, depuis le parking, remonter la route (rude côte, hé hé). Tourner sur la gauche et suivre le chemin qui dessert une poignée d’habitations, souvent posées sur la lave. Ici et là, des micro-potagers décroissants :

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IMG_20150330_183009Quelques socos dévégétalisés. Ce chemin rejoint une entrée du parc, au pied d’un petit volcan pas bien méchant. Le contourner par la gauche, passer devant une arrogante villa.

 

marsJuste après, le chemin oblique vers la côte, pénètre dans le parc et dans une coulée de lave. Tout droit  désormais, Mars est proche !

 

Entre deux fleuves de lave, la nature tente un retour : lichens, plantes grasses et cactées.

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Mais les coulées de lave de l’éruption de 1730 ne s’en laissent pas compter.

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On arrive à un carrefour. A gauche, playa del Paso. Nuances de noir, bleu de la mer, pas de vert.

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A droite, le sentier du littoral, jusqu’à la plage del Cochino (itinéraire, un aperçu de cette randonnée ici). Chemin tracé sur la coulée de lave : aie les pieds !

panorama

De la plage, retour vers El Golfo via la côte depuis le carrefour, selon  cet itinéraire :

Pinson, Chambéry

En terrasse au pied des montagnes

Pour sa tranquille terrasse avec arbres et oiseaux, sa futée carte ramassée mais où tout fait envie, sa cuisine teintée d’orient, on ira les yeux fermés et mais les autres sens aiguisés chez Pinson. Et aussi pour sa carte des vins invitant à la découverte des vignobles du coin (par exemple ceux de la famille Ravier).

plat   entree

L’omelette norvégienne flambée à la Chartreuse et l’éclair géant au caramel beurre salé (éventuellement à partager) laissent un goût de reviens-y vite (en Savoie).

♥♥ / €€
Pinson
73000 Chambéry
www.restaurant-pinson.fr

Cefalù

À la plage avec Roger II

Marcher : 5 km (AR)
Manger : à la Tavernetta
Difficulté : il peut faire chaud



Quelques jours à Parlerme vous ont lapidé les yeux : trop de pierres, trop de mosaïques, trop de stuc.  Pourquoi ne pas tenter une sortie hors les murs ? Cefalù offre ses charmes, à une heure de train : cathédrale normande, cité médiévale, plages, restaurants de poisson et rochers à escalader. Un top hit potentiel pour un marchermanger d’été, non ?

Alors bien sûr, une cathédrale de plus nous dira-t-on ?  Piochée dans la riche liste des témoignages locaux du syncrétisme entre cultures occidentales, islamique et byzantine ? Ça ne mange pas de pain, en ces temps de cul serré. Et elles ont fière allure, les tours de Roger II ! Pas même écrasées par la rocca en surplomb. Et encore une mosaïque géante ! D’un Christ en majesté, qui semble de peu de mansuétude pour touristes en short et marchands du temple.

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Olivier Colas (CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45297004)

Car oui, les marchands ont métastasé dans les ruelles du centre.  Excepté l’acquisition d’une coppola en bas du corso Ruggero, rien à sauver.

S’enfuir vers l’est, non sans avoir visité le cloître et ses chapiteaux. Le contournement de la rocca par le bord de mer offre de splendides panoramas sur Cefalù. Attention cependant à la ronde des bus touristiques, aux chargements et déchargements  plus meurtriers qu’un débarquement de Normands. A hauteur de la marina, au fond d’un étrange parking d’un blanc éclatant,  de la taille d’une aire de joute médiévale, une trattoria d’un certain standing offre terrasse ombragée et vins frais. On choisira une table valorisant la baie côté est et non la marina (le parking restant incontournable). Le service à l’italienne, tout en virile efficacité, n’impressionnera pas le marcheur affamé, qui pourra commander poissons et légumes grillés (en particulier de la trévise, qui se rôtit peu de par chez nous, bien à tort. Mais l’effronté Anglais ose, lui).

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On reprendra le chemin de la plage à travers une zone semi-industrielle, puis un ensemble hôtelier de luxe, enfin le long d’une voie ferrée. Pour aboutir à la plage publique, à condition de trouver l’amorce de son chemin, entre deux établissement de bains tentaculaires. L’ingénierie urbanistique balnéaire italienne est toujours un motif d’admiration et d’accablement.

Mais allongé face à la mer ou en Neptune sur un rocher, le randonneur aura tôt fait d’oublier les vicissitudes du bien commun.

Auberge des Tilleuls, Badefols d’Ans

Burger au canard gras

Fatigué du confit-pommes sarladaises ? Après deux semaines de cabécou et sa salade à l’huile de noix vous pensez que le Périgord est une terre plate ? L’auberge des Tilleuls et son « Mac Coin Coin » feront de la fin de vos vacances un sommet alpin. Imaginez un burger qui ne serait ni revisité, ni retravaillé par un(e) chef à étoiles.  Mais punkifié, quoique mâtiné de poésie locale : abondant effiloché de confit (de canard donc), épaisse tranche de trappe d’Échourgnac, bun joufflu et forêt de salade. Un costume brutaliste qui cache un cœur tendre, doux au gosier et léger sur l’estomac.

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Néanmoins, convient-il de prendre cet exubérant  Mac Coin Coin en direct, en rippant l’assiette de charcuterie ou les moules sauce foie gras  ? Probablement. Mais veillez à ce qu’un convive se sacrifie pour le menu du déjeuner, lequel ouvre ses larges portes par une soupe et son chabròl. Il se termine par un tonneau de framboises (par exemple). Entre les deux, crudités puis plat du jour. Pensé pour un travailleur de force, il est cédé pour le prix d’un ticket-restaurant des gens de la ville. Ah vraiment, le seul défaut de l’auberge des Tilleuls : ne pas proposer de chambre en demi-pension !

En été, on hésitera entre la terrasse côté village, avec sa tonnelle et ses conversations de village, ou celle dite des tilleuls, romantique à souhait. En hiver, la grande salle et son défilé de soupières. Toute l’année, accueil amical, service enjoué.

Avant de quitter le chef-lieu du pays de Cocagne, ne pas faire l’impasse sur trois visites :  l’église, ses enfeux et modillons ; l’imposant château-fort (privé, mais le parc est ouvert aux aventuriers), qui fera frissonner d’envie les enfants et digérer leur Mac Coin Coin aux grands ; la charcuterie,  pour son saucisson à l’ail et sa charcutière.

♥♥♥ / €
L’auberge des Tilleuls
24390 Badefols d’Ans
www.aubergedestilleuls.net

Street food à Palerme

Cibo di strada palermitaine

Manger avec les doigts, c’est bien meilleur. Et si l’Italie assure son panino en matière de street food (voir ce site vertigineux recensant des centaines de trésors urbains cédés à vil prix), la Sicile met la barre très haut, et en particulier Palerme, où le gourmand dénichera au coin de la rue tous ses péchés, sucrés ou salés.

Le prudent et l’économe pourront débuter avec cette liste resserrée, mais le téméraire affamé se lancera à l’attaque toutes mimines déployées, en débutant par les marchés (surtout Ballarò, évocateur de la Bal’harm arabo-musulmane pour peu pour que l’on ait quelque goût pour les fanstamagories historiques et la cassata, qas’at), solution de facilité mais vraie félicité : couleurs, senteurs, musique du sicilien, tout le mettra en appétit. Son initiation faite,  il délaissera alors ces rues balisées pour se lancer dans la quête du venditore ambulante du jour, quête sans fin et sans gloire, qui parfois se conclue l’estomac en capilotade (plus c’est gras, meilleur c’est…) ou entre les jambes (un camion n’a pas d’adresse ). Mais quête honorable. Car l’homme a toujours faim, jusqu’à son dernier jour.

Courir après sa faim à Palerme, donc ? Babbaluci, pane con milza, cozze, sfincione ? Un soir d’hiver où le macabre sicilien traine de trop dans la ville, tentez un quitte ou double avec le pane panelle e crocchè (sandwich de beignet de pois chiches).  Si vous en réchappez, Palerme vous ouvrira grand ses églises-mosquées.


Le burger à la rate de Palerme

Abats à l’italienne (cont’d)

Poursuivons notre tour du monde exploratoire du sandwich aux abats avec la variante palermitaine. Ici le pani câ mèusa (pain à la rate), présenté dans sa déclinaison à la ricotta (marié, maritatu).

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On pourra préférer le lampredotto florentin dégoulinant de sauce verte au sec et fade farci sicilien de poumon et de rate de veau  haché  (version Antica Focacceria San Francesco), mais ceci est un avis personnel, qu’il conviendra de tempérer par la dégustation de la production des nombreux banchetti ambulante de Palerme.

Bourdeilles

Noble dame et douce rivière

Dans la demeure seigneuriale renaissance de cette ancienne baronnie du Périgord, après avoir saluer les grotesques de crédences XVIe, s’installer dans le salon d’apparat, sous son exceptionnel plafond peint à la française. C’est ici que Brantôme courtisa sans succès la vertueuse Jacquette de Montbron, dame architecte du Périgord et de l’Angoulémois.

« Sur tous les Arts, elle ayma fort la Géométrie & Architecture, y estans très-experte & ingénieuse, comme elle a bien fait paroistre en ce superbe édifice & belle maison de Bourdeille, qu’elle fit batir de son invention et seule façon, qui est très-admirable. »

plafond

De Bourdeilles, on appréciera aussi son château médiéval (le donjon se grimpe), son vieux pont sur la Dronne, sur les berges de laquelle on pique-niquera les orteils au frais, son moulin et une chouette auberge (en saison, glaces et sorbets artisanaux), où locaux et gens de passage regardent la vie avancer à petits pas.

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Pour le prix de quelques centaines de canards gras ou de trois tracteurs, des maisons sont à vendre au centre-bourg. Elles attendent sereinement l’arrivée du prochain baron de Bourdeilles.

Albufera, Valence

Al-buhayra, la petite mer

Pédaler : 40 km (aller-retour)
Manger : un arroz a banda à El Palmar



Une excursion au parc d’Albufera pour pédaler dans les traces du maréchal d’empire Louis-Gabriel Suchet, duc éponyme, se perdre dans une lagune arabo-andalouse, étudier l’étymologie de calabaza, calebasse, carabassa (catalan), cabaza (portugais), caravazza (sicilien), kerbah, pluriel kerâbat (arabe), espèce endémique dans les jardins ouvriers d’El Saler et d’emploi varié, franchir rizières et canaux, mitrailler canards et hérons, engloutir un arròs a banda avec son pot d’aïoli à El Palmar, réfléchir au concept de médiance durant la digestion, ramener une anguille pour le dîner.

Pour ne pas se perdre, rien ne vaut une bonne carte :

marcher, manger