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Reckingen, Valais
La vallée du Rhône autrement
Marcher : 3 h / facile / + 830 m
Manger : à Gluringen, au restaurant-hôtel Tenne
Traverser Reckingen en direction du Rhône. Au passage, à un saut de quadrupède de l’église, saluer les habitants de la ferme urbaine.
Continuer en direction du versant est de la vallée. Une boucle permet d’accéder à une chapelle reculée où un exercice de la foi trop sporadique ne parvient pas à réchauffer l’atmosphère.
D’ici partent des sentiers de randonnée vers la frontière italienne, en direction du Blinnenhorn. Blanche pensée fascinante… mais dangereuse en hiver et en équipement Go Sport.
Redescendre dans la vallée et poursuivre vers Gluringen en longeant la voie de chemin de fer. L’hôtel-restaurant Tenne sera une bonne halte de mi-journée, avec son ambiance familiale, ses bières pression et sa cuisine qui sait être roborative (côté brasserie) ou endimanchée. Marcheurs, skieurs et gourmands apprécieront.
La Grenouillère, Montreuil-sur-Mer
Au pays des grenouilles et de leur roi, Alexandre Gauthier
Les menus de la Grenouillère se compose de 9 ou 11 plats. Il est recommandé de jeûner le midi et de s’ouvrir l’appétit par une petite marche.
La salle et son environnement est un spectacle en soi. La cuisine (et son ballet de cuisiniers) n’est pas mal non plus.
Ici, une pensée est en action, et cela se sent. Du toit à la table (tant l’objet que sa métaphore).
La cuisine est à l’avenant : tout à la fois conceptuelle (ou plutôt poétique) et physique (des produits regardés autrement, des assemblages radicaux, des gestes techniques qui déboulent jusqu’à votre assiette). Les fraises vertes aux algues ne plairont pas à toutes et tous, mais elles ont été pensées.
Parfois, la pensée s’égare (ou tout au moins elle ne se fait pas comprendre). Ainsi le melon-tourteau, mariage a priori prometteur, mais qui s’avère ne pas fonctionner. On conseillera un divorce, le melon portant de trop la culotte. La réalisation est toujours parfaite, virtuose même dans le cas des cylindres de melon.
Et pourquoi le melon-jambon, au fait ?
Cornichon grillé, tarama, estragon.
Haricots beurre, cabillaud (les haricots dressés en fagotin, cuisson mystérieuse, résultat hors du commun)
Veau, végétaux marins
Pêche, gentiane.
Mûre, mélasse (les brindilles de ronce n’en sont pas)
Bulle du marais (Dessert inoubliable, poétique et technique, fulgurant. Quelques feuilles et fleurs, de la crème et du sucre pour un instant de ferveur et d’excitation. Des années après, il est toujours vif en mémoire, quand son goût s’en sera allé.)
Et aussi du miel extrait de son rayon de cire, à presser en bouche.
Les plats sont agencés selon une progression vers plus d’intensité (et de malice, pour les desserts). Des minimalistes entrées, plutôt dans un esprit japonisant, vers le feu d’artifice de la bulle, un final très français. Et toujours un dressage élégant, qui semble simple, mais ne l’est pas.
Allez manger chez Alexandre Gauthier. Certainement vous y trouverez votre bulle car la magie du maître des lieux opère à coup sûr. Pour augmenter vos chances, prendre le menu de 11 services.
Biographie — Alexandre Gauthier, cuisinier, Ed. de la Martinière
En quittant le pays des grenouilles, ne pas manquer de se promener dans le jardin fantasque où elles prennent du bon temps. Bien dans l’esprit du lieu, il met en scène une nature cultivée (mais non domestiquée).
Et de jeter un œil à leur maison-hutte. Discrètement.
En quittant Montreuil, faire une halte à Berck ou Fort-Mahon : marcher le long de la plage sans fin, en compagnie des travailleurs de la mer. Ceux-là sont à pied et courent après les crevettes.
Alors ? Pour goûter une cuisine de tête et de cœur, y courir les yeux fermés. Pour dormir, casser le cochon et prendre une hutte.
♥♥♥ / €€€€
http://www.lagrenouillere.fr
Rue de la Grenouillère
62170 La Madelaine-sous-Montreuil
Tél. +33 3 21 06 07 22
Montreuil-sur-Mer
La citadelle de Montreuil, la vallée de la Canche
Marcher : 1 h / facile / + 40 m
Manger : La Grenouillère
De La Grenouillère , si vous y êtes, chanceux mortels, suivre le chemin qui monte vers Montreuil à travers les près.
Longer les remparts de la citadelle ou y pénétrer par un des escaliers aménagés dans les tours de guet.
Faire un tour dans Montreuil. Belles maisons picardes, quelques hôtels particuliers. Petite visite à l’église Saint Saulve et ses reliquaires du XVIIe.
Le samedi, faire le marché. Superbe fromagerie sur la place (Caseus). Essayer la rôtisserie de la Froggy’s Tavern, le bis d’Alexandre Gauthier.
Pour rentrer à la maison, clore la boucle le long de la Canche. Avec quelque chance, ce sera un jour de brouillard humide et enveloppant. Les chemins ne seront qu’une large ornière, les aulnes auront des têtes à faire peur.
Münster, Valais
De Münster au refuge Galmihornütte en raquettes
Marcher : 5 h / facile (en été) à moyen (en hiver) / + 830 m
Manger : votre pique-nique
En hiver, se munir de raquettes, car certains passages sont raides, notamment le début du parcours, à l’orée de la forêt, derrière Münster.
Le sentier parcourt ensuite la forêt en quelques lacets rectilignes. Si aucun loup ne vous dévore, vous quitterez la compagnie des arbres au passage des 2000 m. Dernière pente (physique) avant l’arrivée au refuge.
Depuis la Galmihornütte, magnifique panorama sur la vallée et les sommets des alpes lépontines. 2120 mètres, 2 °C, il est temps de sortir chips et saucisses sèches du Valais.
Venise
Cacela Velha, Algarve
Dans la ria Formasa
Marcher : 1 h / facile
Manger : Fábrica do Costa
Cacela Velha, joyau discret de la ria Formosa. À la pointe est de cette étendue de lagunes côtières, un village parfait : petit castel fortifié, micro-église, cimetière marin, une poignée de maisons.
Derrière le fort, descendre sur la lagune et s’y perdre. Paysages côtiers à tomber le cul dans un trou d’eau.
Mais attention aux guerriers-crabes, qui auront tôt fait de vous grignoter les extrémités.
Revenir sur vos pas, passer devant l’église, et descendre l’escalier. Ici aussi c’est très très très beau.
Bibliographie : d’autres idées de randonnées
Longer la côte jusqu’à Fàbrica. Une énorme propriété pourrit un peu l’ambiance en bord de plage, mais un gentil kiosque à bière sur le parking redonne du peps (1 € le demi). Barques au repos, pêcheurs à pied, oiseaux oisifs.
Se finir à Fábrica do Costa avec un plat géant de poissons ou coquillages. Les familles nombreuses commanderont un plat pour trois.
(Et en quittant Cacela Velha, tous nous promettrons de ne pas nommer ce lieu unique en place publique.)
Venise, de Dorsoduro à Cannaregio
Le multimodal c’est facile
Marcher : 1 h 30
Manger : Anice Stellato ou Bea Vita
Après l’aperitivo au fondamenta Zattere Ai Gesuati (spritz Aperol ou Campari), prendre la ligne 5.1 en direction de la gare.
Se placer côté droit du vaporetto.
La ligne oblique dans un canal discret, où l’on peut constater les traces d’une activité non liée au tourisme.
Descendre à un des arrêts Plazza Roma. Traverser, longer la gare, remonter la rio Lista di Spagna et ses commerces et restaurants hauts en couleur. Forte présence anglo-saxonne et germanique.
Campo San Geremia et ses souvenirs.
Longer le fondamenta Cannaregio. S’engouffrer dans une ruelle en direction du ghetto, et c’est changer de ville. Adieu pizzas, pintes et porte-clés !
Entrer dans le ghetto par le ponte de Ghetto novo.
En sortir en franchissant le rio della Misericordia. Sur votre gauche, l’osteria Bea Vita fait envie. Petites tables au bord du canal, gentil service, cuisine simple mais bien tournée, ambiance de quartier. Poursuivre avec un spritz par exemple, en dégustant la science du créneau des motoscafi venant garer leur engin en fin de journée.
A l’heure de la réservation chez Anice Stellato, abandonner Bea Vita en se promettant d’y revenir.
Revenir par le même chemin ou improviser !
Bibliographie lacunaire :
◊ Fable de Venise, Hugo Pratt,
◊ Le commissaire Brunetti
Ginostra, Stromboli
À côté du volcan
Marcher : 2 h / facile / 120 m
Manger : L’Incontro ou Nonna Assunta
Stromboli est une île rude. Mais le confort de Stromboli (la ville) peut avoir un effet émollient. Ginostra, bâtie sur une pente du volcan, en haut de falaises abruptes, sans les routes et les voiturettes électriques de sa voisine, donne un petit aperçu de la vie d’avant (malgré l’arrivée de l’électricité en 2004).
Ici, heureux occupant d’une villa de luxe ou touriste décroissant, il te faudra marcher. Et du port (le plus petit d’Italie, dit-on ici) au village, tu devras gravir à pied une redoutable pente. Les possesseurs de valise à roulettes loueront les services d’un âne.
L’ascension sera récompensée par une halte à l’Incontro. Sa terrasse sur la mer, sa cuisine familiale, son maître d’hôtel polyglotte. Vue sur les îles éoliennes.
Après être monté, on pourra redescendre à la plage de Ginostra qui satisfera les partisans d’une baignade hygiénique. Nombreuses marches, plage de rochers, vagues hystériques. Certains enfants de Ginostra maîtrisent l’exercice de mise à l’eau. Les autres veilleront à ne pas se faire drosser à la terre.
Au retour de la plage, rituel de l’apéro devant l’église, après approvisionnement aux épiceries attenantes. Assistance bigarrée : touristes internationaux, Italiens du continent, hippies allemands d’un certain âge (l’histoire locale affirme que les premiers touristes arrivèrent ici en 1969, de Florence et d’Allemagne). À la nuit tombée, silence. Une poignée d’habitants en hiver, quelques dizaines en été.
On se promènera assidûment dans Ginostra. Dédales de ruelles, maisons blanches, toits plats alimentant des réservoirs semi-enterrés, mini-jardins.
Au centre du village, un autre restaurant, Nonna Assunta. Bonne cuisine , belle terrasse dominant le toit bateau de l’église de Ginostra.
Au sud (dans la direction de Stromboli), autre plage minérale après une marche de 45 mn sur un sentier littoral traversant Ginostra puis folâtrant entre des villas isolées. Au nord, un sentier sort du village et permet d’atteindre le « chemin de feu » du Stromboli (sciara del fuoco).
En route, on croisera quelques potagers et des maisons que l’on aimerait restaurer puis habiter.
En se retournant, vue panoramique sur Ginostra et les flancs cultivés du Stromboli. Quelques vestiges d’agriculture en gradins (oliviers, vignes, figuiers, pêchers).
Le chemin continue jusqu’à atteindre un point d’observation sur la face nord-ouest du volcan, où dévalent les coulées de lave. Des fumerolles rappellent que le Stromboli est un volcan actif.
Bibliographie :
◊ Ginostra, Gianluca Giuffrè, en vente dans les épiceries de Ginostra.
◊ Courrier international
Îles éoliennes



















































































