Archives pour l'étiquette Périgord

Auberge des Tilleuls, Badefols d’Ans

Burger au canard gras

Fatigué du confit-pommes sarladaises ? Après deux semaines de cabécou et sa salade à l’huile de noix vous pensez que le Périgord est une terre plate ? L’auberge des Tilleuls et son « Mac Coin Coin » feront de la fin de vos vacances un sommet alpin. Imaginez un burger qui ne serait ni revisité, ni retravaillé par un(e) chef à étoiles.  Mais punkifié, quoique mâtiné de poésie locale : abondant effiloché de confit (de canard donc), épaisse tranche de trappe d’Échourgnac, bun joufflu et forêt de salade. Un costume brutaliste qui cache un cœur tendre, doux au gosier et léger sur l’estomac.

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Néanmoins, convient-il de prendre cet exubérant  Mac Coin Coin en direct, en rippant l’assiette de charcuterie ou les moules sauce foie gras  ? Probablement. Mais veillez à ce qu’un convive se sacrifie pour le menu du déjeuner, lequel ouvre ses larges portes par une soupe et son chabròl. Il se termine par un tonneau de framboises (par exemple). Entre les deux, crudités puis plat du jour. Pensé pour un travailleur de force, il est cédé pour le prix d’un ticket-restaurant des gens de la ville. Ah vraiment, le seul défaut de l’auberge des Tilleuls : ne pas proposer de chambre en demi-pension !

En été, on hésitera entre la terrasse côté village, avec sa tonnelle et ses conversations de village, ou celle dite des tilleuls, romantique à souhait. En hiver, la grande salle et son défilé de soupières. Toute l’année, accueil amical, service enjoué.

Avant de quitter le chef-lieu du pays de Cocagne, ne pas faire l’impasse sur trois visites :  l’église, ses enfeux et modillons ; l’imposant château-fort (privé, mais le parc est ouvert aux aventuriers), qui fera frissonner d’envie les enfants et digérer leur Mac Coin Coin aux grands ; la charcuterie,  pour son saucisson à l’ail et sa charcutière.

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L’auberge des Tilleuls
24390 Badefols d’Ans
www.aubergedestilleuls.net

Bourdeilles

Noble dame et douce rivière

Dans la demeure seigneuriale renaissance de cette ancienne baronnie du Périgord, après avoir saluer les grotesques de crédences XVIe, s’installer dans le salon d’apparat, sous son exceptionnel plafond peint à la française. C’est ici que Brantôme courtisa sans succès la vertueuse Jacquette de Montbron, dame architecte du Périgord et de l’Angoulémois.

« Sur tous les Arts, elle ayma fort la Géométrie & Architecture, y estans très-experte & ingénieuse, comme elle a bien fait paroistre en ce superbe édifice & belle maison de Bourdeille, qu’elle fit batir de son invention et seule façon, qui est très-admirable. »

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De Bourdeilles, on appréciera aussi son château médiéval (le donjon se grimpe), son vieux pont sur la Dronne, sur les berges de laquelle on pique-niquera les orteils au frais, son moulin et une chouette auberge (en saison, glaces et sorbets artisanaux), où locaux et gens de passage regardent la vie avancer à petits pas.

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Pour le prix de quelques centaines de canards gras ou de trois tracteurs, des maisons sont à vendre au centre-bourg. Elles attendent sereinement l’arrivée du prochain baron de Bourdeilles.

Le Veilleur d’Urval

Le Veilleur d’Urval

Gentil accueil, cuisine qui se donne du mal et parvient à échapper à la doxa locale. Bons produits, des plats végétariens, beaux desserts, bravo ! Une clientèle internationale célèbre le lieu à grand flot de bière du coin et de bergerac, toute à sa joie d’avoir déniché une adresse singulière.

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Le Veilleur d’Urval
24480 Urval
www.leveilleurdurval.com

Urval, Périgord

Remonter le temps

Marcher : 1 h
Manger : au Veilleur d’Urval


Un discret joyau du Périgord noir se niche entre Le Buisson et Siorac. 126 habitants mais un four banal du XIVe s., une église du XIe s., un moulin, des séchoirs à tabac, un restaurant, deux ruisseaux. Du concentré de Périgord, une sauce Périgueux réduite au coin du feu, des siècles durant.

Peu d’étrangers de passage à Urval, ils sont tous à Sarlat.  Personne pour déranger retraités et poulets en liberté.

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En contraste au paisible climat d’Urval, son église avec ses virils atours d’ouvrage fortifié : haute muraille plaquée contre le chevet, chambres de défense dans le cœur et la nef, clocher massif.

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Des mascarons millénaires tempèrent de leur bonhommie la rude bâtisse.

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Les temps sont moins guerriers et la porte reste désormais ouverte. Dans le chœur, colonnes en marbre noir, chapiteaux sculptés, restes de fresque colorée (l’ours d’Urval).

Derrière l’église, un rare four à pain banal, tout droit sorti du temps des banalités. Il a perdu son toit de lauzes mais conserve encore aujourd’hui ses autres éléments caractéristiques : pigeonnier, logis du boulanger, rayonnages. En usage lors de la fête d’Urval , le 2e weekend d’août.

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Le four banal d’Urval :
♦ Quelques photos
♦ La fête d’Urval

Les visiteurs mis au ban ou ayant raté la fête du village pourront néanmoins se restaurer au Veilleur d’Urval.

Et aussi :
♦  pour les marcheurs, deux sentiers de randonnée au départ d’Urval.
♦ pour les mélancoliques romantiques, le cimetière en deux saveurs (à l’ancienne, revisitée).
♦  à quelques lieues, Paunat, autre joyau caché.